ADDITIF DU 1er AOUT 2001Sur le site de la rave du 23 juin 2001, chapelle de Notre-Dame-des-Neiges en Sainte-Brigitte, érigée en 1947 avec le béton d'après-guerre sur le site du plus grand camp de munitions allemande du centre-Bretagne durant la seconde guerre mondiale: Vendredi 3 août 2001 pardon annuel. Messe à 11 heures. Repas campagnard. Crêpes l'après-midi. Vous êtes tous les bienvenus.
LETTRE OUVERTE AUX RAVEURS ET A CEUX QUI LES SOUTIENNENT
Le week-end du 23 juin 2001, et pour la quatrième fois en cinq ans, une rave-party a eu lieu en forêt de Quénécan, en Bretagne. Comme les fois précédentes sans autorisation des propriétaires et sous l'oeil bienveillant des diverses autorités. Cette lettre a pour but de faire connaître notre opinion en tant que propriétaires, opinion largement partagée par la population environnante excédée par les dégâts causés et l'instauration de zones où le droit ne s'applique pas..
AUX RAVEURS
Le sort est ainsi fait que vous, qui avez organisé cette fête, assuré la musique, etc... et nettoyé pour tous vos invités, êtes tenus pour responsables des dégâts causés souvent par d'autres. Vous savez que cette manifestation est illégale. Vous aviez - c'est une première - pris contact avec nous quelques temps auparavant. Mais cela n'est pas allé plus loin. Une fois de plus vous nous avez mis devant le fait accompli. Vous savez que l'opinion gouvernementale est en votre faveur et vous trouve sympathiques.
Il faut bien comprendre notre point de vue d'indigènes: nous aimons et nous soignons cette forêt qui a des usagers multiples. Votre passage laisse des traces, malgré la bonne volonté de quelques-uns. De jeunes arbres ont été détruits, qui avaient été plantés pour remplacer ceux rasés par l'ouragan de 1987, eux-même plantés pour remplacer ceux explosés par les Allemands en 1944. Il n'y a pas de quoi être fiers. La forêt est fragile. Les chevreuils se sont plaint pour leurs petits. Quand aux outres gonflées de bière qui dormaient un peu partout, nous pouvons nous en passer. Bref, vous ne pouvez contrôler ce que vous organisez. Et nous avons quelque peu l'impression d'être les indigènes sur le passage du Paris-Dackar.
Certes vous avez des tronçonneuses pour découper les arbres que nous abattons, mais nous avons mieux. Il n'y aura pas d'autre rave sauvage dans cette forêt, et c'est fini de jouer à cache-cache toute la nuit. L'information circule vite dans votre milieu, et vous pouvez avertir vos amis des mesures radicales que nous prendrons la prochaine fois, mesures à caractère fortement rural d'ailleurs...
Nous aurions pu vous bloquer votre matériel pour plusieurs jours, dans le but d'attirer l'attention de l'opinion. Nous en avons les moyens. Nous vous avons avons laissé partir, et je me demande encore pourquoi. Cela aurait été tellement facile si vous étiez bêtes et méchants... mais ce n'est pas le cas.
Comprenez bien que cette situation ne se reproduira plus. Nous parlons au nom de beaucoup de propriétaires ruraux. Maintenant, sachez que nous sommes toujours ouverts au dialogue, à condition que nos droits et surtout notre nature soient respectés, et que les pouvoirs publics assument leur rôle. La balle est dans votre camp.
ET A CEUX QUI LES SOUTIENNENT ( moins cool)
Mesdames,Messieurs,
pour la quatrième fois en cinq ans la forêt de Quénécan a été le cadre d'une rave-party. Une négociation soutenue avec les organisateurs a permis que le cadre soit à peu près nettoyé. Ce n'est déjà pas si mal.
En tant que propriétaires privés, au nom de cette forêt fragile et au nom de ses usagers de toutes sortes, respectueux de la nature, nous tenons à dénoncer la passivité, ou plutôt la bienveillance des autorités.
Quelques gendarmes, tenus surtout à assurer la possibilité de circuler sur une route départementale, quitte à suggérer aux raveurs de se garer sur un champ. La circulation a en fait été impossible pendant un temps prolongé. Des gendarmes obéissant à des ordres contradictoires: le samedi à 18 heures ils annonçaient que la rave était suspendue, pour ensuite la laisser se dérouler. Ordre du préfet, semble-t-il. Il est très facile de stopper une rave-party chez nous: il suffit de barrer deux routes. Evidemment, cela peut causer de la déception, voire de la rancoeur chez des jeunes qui sont parfois venus de très loin, de la région parisienne par exemple. Et peut-être qu'ils pourraient se défouler alentours. Il a sans doute été jugé préférable de laisser faire en contrôlant de loin.
D'où l'instauration provisoire dans un milieu si fragile d'une zone de non-droit. Est-ce vraiment ce que souhaite le gouvernement ?
- Le ministre des Transports trouve-t-il normal qu'une route départementale soit occupée tout un dimanche par des gens en été d'ébriété très manifeste ( signalons au passage qu'une voiture est tombée dans le Canal de Nantes à Brest).
- Le ministre de l'Environnement trouve-t-il normal qu'on fasse du feu en forêt en pleine chaleur, qu'on plante des tentes sur de jeunes plantations ?
- Le ministre de l'Intérieur trouve-t-il normal que toutes drogues soient en vente libre au milieu de la Bretagne, en lieu et heures connues d'avance de la gendarmerie ( pour notre part nous nous inquiétons plus de nos lignes de chênes que des lignes de coco).
Les polémiques autour de l'amendement Mariani ne nous concernent pas. Il y a des faits, des délits qui sont répréhensibles, rave ou pas rave. Un feu en pleine forêt, c'est une infraction. Pourquoi serait-elle acceptée pour les uns et condamnée pour les autres ?
Nous ne portons pas de jugement moral sur ce qui s'est passé. Nous défendons simplement notre forêt. Des discussions très nombreuses que nous avons eues avec les raveurs durant ce week-end, voici ce que nous retenons. Ils nous disent en substance:
" Les rave, ça existe et on en fera d'autres. C'est comme ça. Mais quand on va sur des terrains publics, on se fait virer. Donc on va sur des terrains privés. On est désolés pour vous, on essaye de ne pas faire de dégâts, mais c'est comme ça."
Allons, Mesdames et Messieurs, ce ne sont pas les terrains qui manquent ! Il y a ceux de l'Armée. Il y a les Parcs Naturels. Il y a les nombreuses forêts domaniales. Il y a le bois de Boulogne et les jardins des ministères. Il y a une infinité de terrains délaissés dont vous avez la garde. Vous pouvez les confier aux raveurs, et qu'ils continuent à jouer aux signes de piste. Mais, par pitié, assumez les responsabilités qui vous sont confiées. Donnez-leur des lieux, et cessez cette hypocrisie. La loi, vous la faites ou vous l'appliquez. Faites-la bien, ou faites-la respecter.
Nous avons laissé repartir les ravers de notre propriété, cette fois. Nous ne voulons pas d'histoires, et nous ne voulons pas leur causer de dommages, car ils ne sont pas riches et ils sont plutôt sympathiques.
Ils ne reviendront plus ici inopinément. Toutes dispositions sont prises à cet effet. Et puisque la force publique n'a pas les moyens d'opérer, nous le ferons. Autre chose: je le déplore d'avance, mais s'il y a un jour des milices dans les campagnes, vous en porterez la responsabilité.
J'oubliais une chose: l'Etat fait quelque chose. En effet, la Direction Départementale de l'Equipement est venue la dernière fois, tard, enlever les ordures. Contrairement à ce que pensent les raveurs, les éboueurs ne passent pas tous les matins. Les chiens et les renards se chargent d'éparpiller les sacs. La DDE est venue, donc, enlever les ordures. Et, mesquinerie suprême, le coût de cette intervention a été facturé, plutôt cher, à la commune de Sainte-Brigitte, qui n'est pas riche.
Mesdames et Messieurs, voyons les choses en face:
- les raveurs font et feront des raves. Ils ont pour eux le nombre, l'effet de surprise ( en principe), et apparemment votre bienveillance.
- vous avez à faire la loi et à la faire respecter. Ce n'est pas le cas. Peut-on admettre cela? Nous avons bien sûr écrit au Préfet du Morbihan pour nous plaindre de la situation, et du fait que des terrains agricoles fussent réquisitionnés pour servir de parking à une manifestation illégale. J'espère publier bientôt ici sa réponse.
Additif du 2 août 2001: nous ne pouvons publier la réponse du Préfet du Morbihan, ne l'ayant toujours pas reçue.
- L'Etat dispose d'une infinité de lieux propres à accueiller des raves. Je pense qu'il a peur d'engager sa responsabilité, et qu'il préfère engager la nôtre. Est-ce que cela ne manque pas un peu de courage et d'honneur ?
Nous attendons une réponse; cette page sera complétée par toutes les contributions admissibles légalement
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